
Dans la nuit de jeudi à Vendredi nous quittait à l'âge de 52 ans, JACNO (Denis Quillard), membre fondateur d'un des premiers groupes de la scène PUNK Française, les <<STINKY TOYS>> avec ELLI MEDEIROS. Les STINKY TOYS avaient participé au chaotique 100 Festival de LONDRES du 20 septembre 1976 aux côtés des SEX PISTOLS, des CLASH, des DAMNED ou de SIOUXSIE... ELLI avait même fait la une du journal MELODY MAKER. Malgré un certain soutien de la presse rock de l'époque, les STINKY TOYS vendent peu et se séparent en 1979, après seulement deux albums. ELLI MEDEIROS et JACNO deviennent alors le duo ELLI & JACNO... Au cours des années 80, JACNO s'investit davantage dans la production, travaillant ainsi au premier album d'ETIENNE DAHO, <Mythomane>; <Tombé du Ciel> de JACQUES HIGELIN ou le cébèbre morceau de LIO ou <Amoureux Solitaires>. Fumeur incorrigible de gauloises, il devait son surnom au graphiste MARCEL JACNO, graphiste à qui l'on doit le célèbre casque imprimé sur les paquets de gauloises. Le DANDY ROCK. comme on nommait JACNO, avait sorti son dernier album en 2006 <Tant de Temps>.

Voici quelques articles que j'ai retrouvé afin de rendre un dernier hommage à ce pionnier du PUNK Français :

Les clients arborent le brassard rouge orné d’une croix gammée noire sur fond blanc à droite, le portrait de Marx en soie tissée en Chine populaire à gauche. C’est le lieu où se réunit toute la scène londonienne. Le festival de punk rock s’intitulait : « Anarchy in the UK ». Pour cette occasion, un groupe français allait pour la première fois jouer en Angleterre : les Stinky Toys. On commence à en parler de plus en plus après les concerts de La Borde et de la Pizza du Marais. Il y a Jacno (19) à la guitare rythmique, Elli (20) au chant, Oswald (18) à la batterie. Dominique Tarlé, l’animateur du groupe, est du voyage ....
« ELLI MEDEIROS : Nous sommes chez Harry Cover, Malcolm McLaren est là. Quelqu’un nous montre du doigt en lui disant : « Ce sont les Stinky Toys ! » Il nous regarde, semble flasher sur les épingles de nourrice qui ornent mon pantalon, et comme il trouve que nous avons de bonnes gueules, il nous dit : « J’organise un festival punk à Londres, voulez-vous venir ? » On prend nos guitares et on dégotte 200 balles pour s’y rendre. The Clash est super sympa et on joue sur leur matos. Pendant notre set, il n’y a pas vraiment de différence avec les groupes anglais, c’est de la musique. A la suite de ce concert, on hérite d’un tourneur anglais, et l’on jouera pendant une semaine dans plusieurs boîtes londoniennes. Ce qui explique que notre premier simple sorte là-bas. Le fait que l’on se retrouve en couverture du Melody Maker et que l’on signe avec Polydor reste le vrai démarrage de la scène en France. Le truc commence à exister par rapport aux médias et aux maisons de disques. On signe un peu au bluff avec nos maquettes. »(Nos années punk, p. 158)
« JACNO : Je me moque complètement de savoir qu’il existe d’autres groupes, je ne m’occupe que de mon truc. On se farcit pas mal de formations, surtout à Londres ou dans les festivals zermatiesques, majoritairement composés de petits cons. Nous aussi sans doute, mais au moins nous sommes rigolos, et surtout, toujours impatients de terminer le sound-check pour aller faire les cons. Ça n’est pas du tout l’état d’esprit des Anglais. Ce sont un peu des caves, alors sur le moment, je ne les écoute pas, sauf lorsque le festival se prolonge sur plusieurs jours, auquel cas je ne peux pas y échapper. Je regarde The Clash, et les Sex Pistols qui sont, contrairement à ce qui sera dit postérieurement, vraiment bien. Le problème est qu’à partir du moment où tu te retrouves mélangé avec des gens avec lesquels tu ne partages absolument rien, ta vision est déformée. Albin veut se faire une tête à Sid Vicious, il est plutôt baraqué, et je revois encore Sid sortir son dérisoire canif Opinel. Albin se tourne vers Malcolm et lui demande : « Est-ce que je le tue ou pas ? » (Nos années punk, p. 159)...
R.I.P.













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